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Les Instituts Franco-Chinois en temps de pandémie : Chimie Pékin

Chimie Pékin photo de groupe

Anouk Galtayries, directrice, et Van Bao Ta, directeur adjoint, assurent la direction française de l’Institut franco-chinois Chimie Pékin (BUCT – Paris Curie Engineering School). Chimie Pékin est une école d’ingénieurs issue d’un partenariat entre la Beijing University of Chemical Technology (BUCT) et un consortium d’écoles membres de la Fédération Gay-Lussac (FGL), piloté par Chimie ParisTech.

Comment avez-vous vécu cette crise en Chine ?

La crise a surpris tout le monde dans un moment où le pays s’apprêtait à passer le Nouvel An chinois. La situation sanitaire locale s’est rapidement dégradée dans l’ensemble de la Chine et la municipalité de Pékin a vu apparaître alors plusieurs clusters. Il régnait une certaine tension dans la ville. Les premiers jours, voire semaines, de confinement ont été dignes d’un film de science-fiction avec des rues, habituellement bondées, totalement vides. Nous avons vécu de longs moments de doute sans savoir comment la propagation du covid-19 allait se développer en Chine.
Toutefois, le problème a été pris très rapidement au sérieux par les autorités locales et des mesures de contrôle strictes et contraignantes ont alors été mises en place. Nous nous sommes sentis rassurés. À la fin des congés du Nouvel An chinois, la vie a commencé à reprendre timidement mais, nous avons dû nous rendre à l’évidence : il était impossible de rouvrir notre institut, Chimie Pékin, aux dates initialement prévues (17 février).

• Comment la crise a-t-elle été gérée vis-à-vis des élèves ?

Dès lors que la rentrée des élèves en présentiel a été reportée sine die, nous avons tout de suite informé, dès le 10 février, nos étudiants de la mise en place d’un enseignement en ligne. L’université a soutenu cette démarche et a alors mis à disposition tous les outils nécessaires pour la bonne organisation de ces cours.

Malgré des contraintes techniques mais aussi géographiques, notre équipe de professeurs a immédiatement répondu présente pour adapter ses contenus pédagogiques à un enseignement à distance et synchrone (malgré le décalage horaire pour certains enseignants).

Les élèves ont su se familiariser avec ces nouveaux outils et ces nouvelles méthodes, ce qui leur a permis au final de ne pas cumuler de retard par rapport aux programmes.

• Quels principaux outils ont été utilisés ?

Dès le début de la crise, l’équipe de direction de Chimie Pékin s’est tournée vers un enseignement en ligne. Dans notre cas, nous avons dû prendre en compte la problématique du décalage horaire, puisqu’une partie de notre équipe enseignante est bloquée en France, et nous avons fait appel à des solutions de visioconférence de masse et de stockage en « cloud ».

Deux types d’enseignement ont été mis en place : des cours vidéo en ligne et des cours vidéo en direct. Dans le premier cas, nos professeurs mettent à disposition des étudiants les ressources pédagogiques (vidéos, polycopiés, formulaires de questions de cours, exercices, etc.). Des créneaux spécifiques ont été ensuite réservés pour permettre aux étudiants de poser des questions et d’effectuer des travaux dirigés. La deuxième solution, quant à elle, consiste à enseigner le cours en direct comme en présentiel.

• Cette crise est-elle finie pour vous ?

La crise est malheureusement loin d’être terminée. Certes, la situation sanitaire s’est améliorée mais le retour à la normale n’est pas total.

L’équipe administrative est de retour dans les locaux pour assurer le fonctionnement continu de l’école. En revanche, les premiers retours à BUCT (Pékin) de certains étudiants (dernière année Bachelor et Master) ne sont prévus que pour début juin et ne concernent pas encore nos étudiants. L’enseignement et les évaluations en ligne vont donc continuer encore, malgré un essoufflement tangible et compréhensible de nos étudiants. Nous allons aussi devoir gérer des problématiques de ressources humaines : retour des enseignants bloqués à l’étranger (dont un nouveau recruté qui n’a pas encore son visa), et du recrutement de nouveaux professeurs (professeurs agrégés, professeurs FLE) devenu très difficile dans un contexte international contraint, mais c’est l’un des points positifs de ces dernières semaines de travail, accueil de nouveaux enseignements de Chine : professeur de chimie, chercheur post-doc/ATER, coordinateur et professeurs de FLE. Confinement ou déconfinement chinois et français, le travail de construction du cycle ingénieur et d’agrandissement de notre équipe n’a pas cessé et n’a pas subi de modifications de programmation. Nous pourrions dire en résumé que toute l’équipe de direction et administrative, française et chinoise, s’est parfaitement adaptée à cette crise et que nous nous attendons à ce que la situation dure encore un certain temps.

• Quelles actions sont prévues la prochaine rentrée ?

Nos équipes sont effectivement déjà mobilisées à la préparation de la rentrée prochaine. Nous savons déjà que cette rentrée va être particulière et contrainte. Il reste beaucoup d’incertitudes notamment sur le retour de nos étudiants, le recrutement de la nouvelle promotion, l’ouverture de l’université, l’ouverture des frontières, etc. À ces défis s’ajoute le défi de l’ouverture de notre cycle d’ingénieur en septembre prochain et de l’accueil de nos premiers professeurs en missions courtes de France.

Il nous faudra faire preuve de beaucoup de flexibilité et d’adaptation.

• Quels enseignements tirez-vous de cette crise ?

Malgré les difficultés, cette crise a montré notre capacité à nous adapter et à trouver des solutions toujours plus innovantes, notre direction est déjà habituée à fonctionner à distance, et il n’y a donc eu aucun temps d’adaptation pour travailler. C’est déjà une grande force que d’être présent et actif dans les deux pays simultanément et de couvrir des journées de 17h de travail, jamais de période de vacances simultanées, un télétravail facile avec les outils chinois de communication etc., cela est vrai en temps normal (proche des institutions, des candidats, des collègues enseignants, du consortium français des écoles de la FGL, de l’administration de Chimie ParisTech, qui coordonne, des sièges des entreprises françaises et internationales, etc.), cela s’est avéré un atout immédiatement opérationnel dans ce contexte inattendu.

Elle a aussi permis de réaffirmer la forte volonté des écoles françaises fondatrices du projet au bon développement de Chimie Pékin, dans le cadre de la FGL, de ParisTech et de PSL. Nous travaillons tous dans la même direction et c’est ce qui nous a rendus très efficaces. En fait, nous travaillons pour le présent mais aussi pour le futur immédiat et plus lointain, crise sanitaire ou non, et c’est très motivant.

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