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Un Institut Sino-Européen en temps de pandémie : témoignage de Michel Farine, Dean européen d’ICARE

Le programme ICARE (China-EU Institute for Clean and Renewable Energy) développé en collaboration avec l'Université des Sciences et Technologies de Huazhong (HUST) est coordonné par MINES ParisTech. Il est né d’une volonté de contribuer au développement des échanges sino-européens dans les domaines liés aux énergies renouvelables.

Comment avez-vous vécu cette crise en Chine ?

L’institut ICARE, qui fait partie de HUST, est situé à Wuhan, l’épicentre primordial de la crise de la COVID-19. Les cours n’ont pas repris après les vacances de printemps et HUST n’est toujours pas accessible aux étudiants. Il y a depuis peu un timide retour des professeurs dans les laboratoires sous strict contrôle sanitaire. Le soutien est venu de la totale disponibilité de toute l’équipe sino-européenne pour gérer cette crise dans l’intérêt des étudiants.

Comment a-t-elle été géré vis-à-vis des élèves ?

A partir de la mi-avril les enseignants européens ont mis progressivement leurs cours en ligne, généralement des « PowerPoint » enrichis de commentaires écrits et vocaux, et cela va se poursuivre jusqu’en août. Les étudiants, qui sont dispersés à travers toute la Chine, plus quelques internationaux rentrés dans leur pays, travaillent seuls puis interagissent avec les enseignants pour des séances de questions/réponses. Les examens auront lieu en salle à partir du mois de septembre de façon à respecter les exigences liées au diplôme de Master français.

Quels principaux outils ont été utilisés ?

Rain Classroom qui permet soit de l’enseignement en différé soit en temps réel. Pour des raisons de qualité des liaisons internet entre la Chine et les différents pays européens présents dans ICARE, de difficultés liées au décalage horaire et au fait que les professeurs européens assurent également leurs enseignements en Europe, le différé a été utilisé. Certaines sessions de Q&A sont faites en temps réel.


Cette crise est-elle finie pour vous ?

Non, car d’une part HUST n’est pas encore accessible et d’autre part nous n’avons aucune assurance que les professeurs européens seront autorisés par leurs universités respectives à revenir en Chine en septembre 2020 pour la rentrée.

Vous préparez déjà la rentrée : quelles actions sont prévues pour l’accueil des élèves et l’organisation des enseignements ?

Les 14 et 15 mai 2020 nous organisons le recrutement de la promotion 2020. Cela se fera via vidéo-conférence pour les candidats. Il y aura quatre professeurs chinois, les deux assistantes chinoises de l’équipe européenne dans une salle de HUST et deux professeurs européens par WeChat.

Si les professeurs européens ne peuvent revenir en septembre pour la rentrée, les cours à distance seront prolongés. Les professeurs chinois devraient pouvoir assurer leurs cours en présentiel mais pour l’instant rien d’officiel côté HUST.


Quels enseignements  tirez-vous de cette crise ?

La leçon la plus importante est une leçon d’optimisme : malgré l’intensité de la crise à Wuhan et sa propagation dans les pays européens membres d’ICARE, nous avons pu sauver l’année universitaire. L’équipe sino-européenne a pu continuer à travailler ensemble à distance pour assurer les cours, la gestion de 10 élèves actuellement en France et le recrutement de la prochaine promotion, montrant qu’un lien très fort existe entre tous les gens de terrain (enseignants et administratifs) participant à cette aventure.

Les évolutions et les perspectives dépendront beaucoup de ce lien très fort existant entre les participants à ce projet emblématique de la coopération sino-européenne depuis déjà dix ans…. Mais pas seulement d’eux.

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