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#Newsletter n°6 ATHENS, Université européenne, formation doctorale, ParisTech s’engage pour l’Europe

Interview de Marie-Christine Bert, directrice des relations internationales et des partenariats entreprises de l’Ecole des Ponts ParisTech, et Antoine Mercier, adjoint au directeur des relations internationales de Chimie ParisTech

Où en est-on du projet d’université européenne ?

AM : Le projet d’université européenne – EELISA (European Engineering Learning Innovation and Science Alliance) - est véritablement structurant pour les trois écoles de ParisTech qui y participent : l’Ecole des Ponts ParisTech, Chimie ParisTech et MINES ParisTech. Nous déposons un nouveau dossier fin février qui contient notre « mission statement » où les directeurs des établissementss’accordent sur une vision à long terme de la formation d’ingénieur en Europe et de la place des ingénieurs dans la société.

MCB : Ce projet nous permet de capitaliser ce qui a été construit au sein du réseau ATHENS qui regroupe des établissements européens de très bon niveau. Coordonné par l’Université polytechnique de Madrid, en partenariat avec l’Université de technologie et d’économie de Budapest, l’Université polytechnique de Bucarest, l’Université technologique d’Istanbul, ainsi que l’Université Frédéric-Alexandre d’Erlangen-Nuremberg, le contenu du projet poursuit l’objectif de valoriser le diplôme d’ingénieur à la française au niveau européen. Nous allons bien au-delà des outils type Erasmus en intégrant trois dimensions :
- la proximité de la formation avec les entreprises
- le lien enseignement – recherche
- la dimension internationale de la formation

Concrètement que contient le dossier ?

AM : C’est un plan d’activités sur 3 ans (2021-2024) ainsi qu’une vision à l’échelle de 10 ans.  La Commission européenne souhaite financer 24 nouvelles universités en plus des 17 qui sont déjà financées par le premier appel.
Nous souhaitons, avec ce projet, faire figure de leader, nous saisir de l’occasion pour proposer quelque chose de nouveau en valorisant le modèle de formation européen face à la prévalence anglo-saxonne.

MCB : Il présente un diplôme qui va au-delà de la somme de  crédits et qui est davantage orienté sur les compétences attendues d’un ingénieur européen. Nous travaillons avec l’ENAEE (European Network for Accreditation of Engineering Education) pour une construire un diplôme unique mais permettant autant de parcours et de passerelles que de projets de formation propres à chaque élève. L’enseignement est proposé en anglais avec un multilinguisme favorisé par les stages. Les mobilités physiques sont encouragées, mais les contenus  sont également accessibles en ligne.
Nous souhaitons donner envie aux jeunes, et plus spécifiquement aux jeunes femmes, d’aller vers ces formations.

En quoi l’offre de formation proposée est-elle novatrice ?

AM : Bien plus qu’un nouveau diplôme, c’est un nouveau cadre de formation de l’ingénieur européen que nous proposerons. A terme, celui-ci pourrait servir de modèle aux universités technologiques européennes qui drainent plusieurs dizaines de milliers d’étudiants et qui pourraient appliquer ce modèle dans toutes leurs facultés.

MCB : Ce projet est vraiment très différent et novateur par rapport au master en ingénierie proposé par les universités. Il implique une intégration très fine entre l’entreprise et l’université pour la conception des enseignements, la définition des compétences à atteindre, et une grande diversité d’activités permettant aux étudiants de proposer des solutions à des défis sociétaux.
Nous y avons également intégré l’apprentissage qui peut fortement intéresser les entreprises pan-européennes à travers la mobilité des apprentis.

Nous menons aussi une importante réflexion sur lesvoies d’admission afin de mettre en équité les critères et les conditions de sélection selon les pays et les tarifs. Ce diplôme nous semble être une voie intéressante pour la diversification de nos publics et l’ouverture sociale.

Comment la recherche s’articule-t-elle à ce projet ?

MCB : EELISA est un projet d’enseignement car c’est un projet Erasmus. Mais il intègre un volet recherche par le lien formation-recherche incarné par les stages en laboratoire, l’organisation de colloques et de séminaires. Le diplôme s’articule autour de deux thématiques :
- la ville résiliente verte et durable
- les industries intelligentes et durables
Des projets de recherche devraient émerger autour de ces thèmes.

AM : La recherche au cœur du projet même si les activités de recherche ne sont pas éligibles au financement.
Sur ce volet recherche, nous nous appuyons aussi sur IDEAL (European soft skills for PhD: enhancing transversal skills through innovative doctoral courses) qui réunit 4 écoles de ParisTech : AgroParisTech, Arts et Métiers, Chimie ParisTech, MINES ParisTech et 4 universités européennes en sciences et technologies également membres d’ATHENS.
Le projet a pour objectif, d’une part de créer une base de données vivante des formations existantes au niveau doctoral relatives aux compétences transversales et à l’employabilité afin de favoriser les échanges entre partenaires et de diffuser les bonnes pratiques, et d’autre part de proposer une nouvelle formation innovante sur le sujet.

Quel est finalement l’objectif de ParisTech en Europe ?

AM : Je dirais renforcer la coopération qui a été mise en place depuis 20 ans dans le cadre d’ATHENS qui est un magnifique outil d’attractivité pour les élèves des établissements partenaires. ParisTech nous permet d’avoir un cadre naturel pour construire quelque chose ensemble dans un climat de confiance et de compréhension commune de sujets autour de l’ingénierie, ce qui favorise les nouvelles initiatives.

MCB : Avec ce beau projet de formation, nous voulons véhiculer des valeurs de citoyenneté et d’identité européenne. Il est vital de proposer des dispositifs de formation pour faire en sorte que nos jeunes puissent se sentir réellement européens.

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