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L’Agence Erasmus+ publiait le 9 juillet dernier les résultats de l’appel Mobilité internationale de crédits. Les écoles de ParisTech, représentées par MINES ParisTech, ont remporté cet appel pour financer des mobilités avec l’Université de Nairobi.

 

5 écoles de ParisTech – AgroParisTech, Chimie ParisTech, Ecole des Ponts ParisTech, Institut d’Optique, MINES ParisTech - ont remporté en 2019 l’appel ADESFA (Appui au Développement de l’Enseignement Supérieur en Afrique) pour explorer les opportunités de coopération avec l’Université de Nairobi au Kenya et deux universités ghanéennes – la Kwame Nkrumah University of Science and Technology (KNUST, Kumasi) et la University of Mines and Technology (UMaT, Tarkwa). Deux missions ont déjà été effectuées en Afrique et ParisTech a eu le plaisir d’accueillir une délégation de l’Université de Nairobi en février à Paris.

Pour prolonger cette phase exploratoire et permettre aux personnels et étudiants de part et d’autre de mieux se connaître et de travailler ensemble, toutes les écoles de ParisTech ont postulé pour un financement européen, la Mobilité internationale de crédits Erasmus+.

Les écoles de ParisTech ont été heureuses d’apprendre le 9 juillet qu’elles avaient remporté cet appel. En effet, elles pourront ainsi financer dans les trois années qui viennent des doctorants qui souhaitent effectuer un séjour de recherche dans les laboratoires des écoles de ParisTech, es étudiants des écoles franciliennes qui veulent effectuer un stage au Kenya, ou bien encore des personnels administratifs et académiques qui pourraient se former mutuellement ou donner des cours aux étudiants.

Les écoles de ParisTech vont dorénavant s’employer à organiser cette mobilité avec leur partenaire, l’Université de Nairobi, afin que les échanges puissent démarrer dès que la pandémie actuelle permettra de nouveau les voyages de part et d’autre.

 

La Commission européenne a publié le 9 juillet les résultats du deuxième appel dédié à sa nouvelle initiative phare dans Erasmus+ : les universités européennes. EELISA (European Engineering Learning Innovation & Science Alliance, qui réunit trois universités technologiques, une université technologique avec une forte dimension management, trois grandes écoles d’ingénieurs et deux universités pluridisciplinaires de sept pays européens, représentant plus de 170 000 étudiants, fait partie des 24 projets sélectionnés dans le cadre d’une compétition impliquant 164 établissements d'enseignement supérieur.

L’Universidad Politécnica de Madrid (Espagne) en tant que coordinateur, Budapesti Műszaki és Gazdaságtudományi Egyetem (Hongrie), Universitatea Politehnica din București (Roumanie), İstanbul Teknik Üniversitesi (Turquie), Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg (Allemagne), Sant’Anna, Scuola Normale Superiore Pisa (Italie) – et en France  École des Ponts ParisTech et l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL) par le biais de Chimie ParisTech – PSL et MINES ParisTech – PSL, se sont unies pour créer l’alliance EELISA, avec le European Network for Accreditation of Engineering Education (ENAEE) comme partenaire associé. Le consortium a été lancé les 28 et 29 janvier 2019 lors d’une réunion des recteurs à Madrid et étendu aux partenaires italiens le 20 janvier 2020 à Erlangen.

Après plus de 20 ans de coopération au sein du réseau ATHENS, les partenaires d’EELISA souhaitent montrer comment rapprocher leurs étudiants et leurs personnels pour créer un diplôme d’ingénieur européen. Ils veulent aussi partager leur expérience de la formation liée à l’industrie et adossée à la recherche, répondant aux défis sociétaux comme Villes vertes, intelligentes et résilientes et Industrie du futur. ENAEE apporte son expérience unique de la coopération européenne dans ce secteur.

EELISA encouragera et soutiendra la mobilité des étudiants en ingénierie aussi bien que la mobilité de ses personnels académiques et administratifs. Se concentrant d’abord sur le niveau master/diplôme d’ingénieur, les partenaires développeront aussi leurs coopérations en licence et au niveau doctoral.

EELISA donnera la possibilité à ses étudiants de participer en tant que citoyens européens à la résolution des défis sociétaux et améliorera leur employabilité, alignant la stratégie des universités sur les Objectifs du Développement Durable. EELISA consolidera le progrès des valeurs de l’Union européenne de manière générale et jouera un rôle majeur de modèle pour les établissements d’enseignement supérieur dans tous les secteurs de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur et au-delà.

La diversité sera un élément-clé pour EELISA. Le consortium soutiendra la diversité sociale en mettant en place un cursus en apprentissage en ingénierie dans toute l’Europe. Puis, il s’engagera pour l’égalité femme-homme, une cause majeure pour toute l’Europe, mais aussi plus spécifiquement dans les carrières scientifiques. Des actions seront menées au sein des différents campus pour que tous les étudiants évoluent dans un cadre porteur faisant du campus EELISA un lieu où tout à chacun peut développer ses capacités.

Les membres d’EELISA sont impatients de renforcer leur coopération au sein de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur et de l’Espace Européen de la Recherche et remercient la Commission européenne pour la confiance qu’elle leur accorde et le financement de cinq millions d’euros qui est attribué aux consortia sélectionnés.

ParisTech alertait le 9 juin sur la situation des étudiants internationaux attendus à la rentrée 2020 dans les écoles. En effet, l’immersion totale en France et l’intégration pleine et entière dans la vie étudiante sont des facteurs clés dans la réussite de ces étudiants.

 

Les écoles de ParisTech ont attiré l’attention des autorités françaises sur le cas des étudiants internationaux le 9 juin dernier. A l’heure où les échanges reprennent progressivement dans le monde des entreprises, il semble en effet primordial que ceux-ci puissent également reprendre dans l’enseignement supérieur, y compris avec les pays hors Union européenne
Les étudiants internationaux font partie intégrante de la vie économique et sociale de notre pays, aussi bien lors de leur séjour que de retour dans leur pays. Ils y nouent pendant leurs études des liens pérennes avec la France, tant au niveau personnel, qu’au niveau professionnel.

Les stages effectués dans nos entreprises pendant leur séjour contribuent à les intégrer, à leur faire connaître le savoir-faire français. La formation reçue dans nos écoles, le savoir-faire acquis dans les entreprises en font autant de futurs ambassadeurs de la France dans leur pays d’origine et partout dans le monde.

Christian Lerminiaux, président de ParisTech, adressait ainsi le 10 juin un message de bienvenue aux étudiants internationaux. Depuis plusieurs semaines déjà, les écoles mettent tout en œuvre pour les accueillir dans les meilleures conditions.*

ParisTech se réjouit donc que le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ait affirmé le 12 juin par voie de communiqué de presse que « les étudiants internationaux seront autorisés, quel que soit leur pays d’origine, à venir en France et les modalités de leur accueil seront facilitées. Leurs demandes de visas et de titres de séjour seront traitées en priorité ».

La rentrée commence fin août/début septembre dans les écoles d’ingénieurs de ParisTech. Le temps presse donc pour que les étudiants puissent préparer leur arrivée dans de bonnes conditions. La délivrance des visas et la reprise des vols vers la France seront cruciales.

Les écoles de ParisTech préparent depuis un an activement l’accueil des étudiants internationaux pour la rentrée 2020. Il est désormais vital qu’ils disposent au plus vite de leur visa. Les écoles de ParisTech comptent dans leurs rangs en moyenne 30% d’étudiants internationaux. Argentins, Brésiliens, Chinois, Colombiens et Russes rejoignent chaque année les écoles en deuxième année après un processus de sélection drastique. Ils apprennent le français avant leur arrivée et attendent impatiemment de venir en France pour le mettre en pratique. De nombreux étudiants internationaux - européens, asiatiques, africains, américains – viennent également à Paris dans le cadre des échanges bilatéraux de chacune des écoles.

A l’heure du COVID-19, les écoles de ParisTech préparent activement la rentrée qui aura lieu aux dates habituelles fin août – début septembre. Les personnels des écoles mettent tout en œuvre afin que les élèves soient accueillis dans les meilleures conditions, dans le respect des mesures barrières et instructions sanitaires du gouvernement.
Les écoles ont démontré au cours du second semestre 2019/2020 qu’elles étaient capables de s’adapter rapidement et d’assurer la continuité pédagogique. Les nouvelles pratiques et technologies testées pendant la période de confinement seront mises au service des enseignements à la rentrée 2020 pour permettre aux élèves qui ne pourraient rejoindre les écoles de bénéficier pleinement de la formation dispensée. Cours filmés en direct, cours enregistrés et mis à disposition sur une plate-forme, accompagnement à distance … les écoles se réinventent entre présentiel et distanciel.


Elles se montrent notamment attentives à l’accueil des étudiants internationaux qui, faute de visa ou de vol, ne pourraient les rejoindre à temps. Les enseignants de français langue étrangère en particulier mettent tout en place pour les accompagner à distance si besoin s’ils ne peuvent rejoindre l’école dès les premiers jours. L’apprentissage du français en immersion totale dans les écoles est en effet un élément essentiel de la formation pour ces jeunes élèves ayant fait le choix d’une formation en France. Depuis leur domicile ou leur université d’origine, ils pourront ainsi suivre les cours des écoles à distance pendant le temps qu’il faudra, que ce soit plusieurs semaines ou plusieurs mois. Mais les écoles sont prêtes à les accueillir en présentiel dès que les visas seront délivrés.


En effet, il importe que les autorités françaises mettent tout en œuvre pour faciliter l’arrivée de ces jeunes étudiants en France, en partenariat avec leurs pays d’origine, et qu’elles puissent donc leur délivrer un visa pour la rentrée. Ces étudiants, d’excellent niveau, ont pour la plupart obtenu une bourse du Gouvernement français, de leur propre gouvernement ou d’une entreprise. Ils ont fait l’effort d’apprendre notre langue pour étudier l’ingénierie dans notre pays. Il est primordial que ces futurs ambassadeurs de la formation d’ingénieur d’excellence à la française que ParisTech s’attache à promouvoir puissent s’immerger dès que possible dans la culture française et participer aux temps forts de la vie de leur promotion - vie associative et amicale, rencontres avec les partenaires industriels de nos écoles – en même temps que leurs camarades français.

Ces étudiants travailleront par la suite pour beaucoup d’entre eux au service du développement économique de notre pays. Certains resteront en France et contribueront à l’essor de nos entreprises sur le territoire national. D’autres retourneront dans leur pays et mettront leur formation et leur double culture au service des entreprises françaises qui y développent leurs activités d’exportation ou de production. Les entreprises françaises bénéficient ainsi de collaborateurs extrêmement compétents prêts à relever des défis majeurs. Ces futurs ingénieurs ont vocation à renforcer l’attractivité de notre enseignement supérieur, de notre économie et de notre pays de manière générale. Ne les décevons pas !

 

Message de Christian Lerminiaux, président de ParisTech, aux étudiants internationaux

ParisTech participe à trois Instituts Franco-Chinois, Chimie Pékin, SPEIT à Shanghai et ICARE à Wuhan.

Témoignages d’Anouk GALTAYRIES et Van-Bao TA, directeurs de Chimie Pékin, Frédéric TOUMAZET, directeur de SPEIT, Michel FARINE, doyen européen d’ICARE et Laura VILLETTE, représentante de ParisTech en Chine.


Comment avez-vous vécu cette crise en Chine ? Quel soutien vous a-été apporté ?

F.T. : En Chine, plus exactement à Shanghai, nous avons tout d’abord été saisis par une sorte d’hébétude, la situation dans une ville déjà vidée de ses habitants pour cause de vacances du premier de l’an chinois semblait irréelle. Les premiers jours passés, nous avons vécu dans une atmosphère confinée, avec port de masques, parfois de gants et la mise en place d’un contrôle sanitaire strict.

L.V. : Cette crise nous a paradoxalement rapprochés de nos partenaires chinois. Dès février 2020, le bureau ParisTech Chine a envoyé des messages de soutien aux directeurs des relations internationales des universités partenaires. Ces messages ont été suivis de lettres de soutien aux présidents de ces universités, envoyées par Christian Lerminiaux, président de ParisTech. Nous avons, à notre tour, reçu des messages de soutien venant de Chine quand la France est entrée en crise.


Comme a-t-elle été gérée vis-à-vis des élèves ?

M.F. : L’Institut ICARE, qui fait partie de HUST, est situé à Wuhan, l’épicentre primordial de la crise de la COVID-19. Les cours n’ont pas repris en présentiel après les vacances de printemps et HUST n’est toujours pas accessible aux étudiants. Il y a, depuis peu, un timide retour des professeurs dans les laboratoires, sous strict contrôle sanitaire. Le soutien est venu de la totale disponibilité de toute l’équipe sino-européenne pour gérer cette crise dans l’intérêt des étudiants.

A.G./VB.T. : L’équipe de direction de Chimie Pékin s’est tournée vers un enseignement en ligne. Nous avons dû prendre en compte la problématique du décalage horaire, puisqu’une partie de notre équipe enseignante est bloquée en France, et nous avons fait appel à des solutions de visioconférence de masse et de stockage dans le cloud. Deux types d’enseignement ont été mis en place : des cours vidéo en ligne et des cours vidéo en direct.

M.F. : À partir de mi-avril, les enseignants européens ont mis progressivement leurs cours, généralement des « PowerPoint » enrichis de commentaires écrits et vocaux, en ligne et cela va se poursuivre jusqu’en août. Les étudiants qui sont dispersés à travers toute la Chine et quelques internationaux rentrés dans leur pays travaillent seuls, puis interagissent avec les enseignants pour des séances de questions/réponses. Les examens auront lieu en salle à partir du mois de septembre de façon à respecter les exigences liées au diplôme de master français.

F.T. : Les plus grandes difficultés rencontrées concernent les étudiants en échanges. Nous avons dû gérer le départ d’étudiants vers la France dans des conditions compliquées et une fois la crise déclarée en France, gérer le retour d’une partie de nos étudiants chinois présents sur le territoire français. Les différences d’appréciation des mesures sanitaires entre les deux pays, alors à des stades différents de la crise sanitaire, a généré de nombreuses incompréhensions et inquiétudes.

 

Cette crise est-elle finie pour vous ?

A.G./VB.T. : La crise est malheureusement loin d’être terminée. Certes, la situation sanitaire s’est améliorée mais le retour à la normale n’est pas total.

 

Comment va se passer la rentrée ?

A.G./VB.T. : Nous savons déjà que cette rentrée va être particulière et contrainte. Il reste beaucoup d’incertitudes notamment sur le retour de nos étudiants, le recrutement de la nouvelle promotion, l’ouverture de l’université, l’ouverture des frontières, etc.

M.F. : Si les professeurs européens ne peuvent revenir en septembre pour la rentrée, les cours à distance seront prolongés. Les professeurs chinois devraient pouvoir assurer leurs cours en présentiel mais pour l’instant rien d’officiel côté HUST.

F.T. : Nous avons pu acquérir de précieux savoirs sur la pédagogie en ligne. Il faudra sans doute renforcer cette capacité et mettre au coeur de notre activité pédagogique l’ensemble des innovations misent en lumière durant cette période.

 

Découvrez l’intégralité de leurs témoignages et ceux d’enseignants français en Chine : 

Travailler en temps de pandémie en Chine, témoignage de Laura Villette, représentante de ParisTech en Chine 

Les Instituts franco-chinois en temps de pandémie : Chimie Pékin

« Comment apprendre à distance dans une langue étrangère ? » Ronan Feneux, enseignant à Chimie Pékin, partage son expérience 

Clément Robbe, professeur de physique à Chimie Pékin, a relevé le défi pédagogique du confinement  

Un institut sino-européen en temps de pandémie : témoignage de Michel Farine, dean européen d’ICARE 

Les instituts franco-chinois en temps de pandémie : témoignage de Shanghai Jiao Tong – ParisTech Elite Institute of Technology (SPEIT) 

Cours en visioconférence à SPEIT

Shanghai Jiao Tong – ParisTech Elite Institute of Technology (SPEIT) est une école d’ingénieur née de l’alliance stratégique entre ParisTech et l’Université Shanghai Jiao Tong.  Elle regroupe les forces de grandes écoles françaises (ENSTA Paris, MINES ParisTech, Télécom Paris, Ecole Polytechnique) et celles de l’université Shanghai Jiao Tong qui garantissent la qualité, l’exigence et la rigueur de ses programmes de formation et de recherche. Frédéric Toumazet, directeur français depuis septembre 2018, et deux enseignants - Fredy Tabourin, coordinateur FLE (français langue étrangère) et Arnaud Martin, agrégé senior de physique et coordinateur de physique - témoignent.

Comment avez-vous vécu cette crise en Chine ?

En Chine, plus exactement à Shanghai, nous avons tout d'abord été saisis par une sorte d'hébétude, la situation dans une ville déjà vidée de ses habitants pour cause de vacances du premier de l'an chinois semblait irréelle. Les premiers jours passés, nous avons vécu dans une atmosphère confinée, avec port de masques, parfois de gants, et la mise en place d'un contrôle sanitaire strict. Très rapidement la direction de l'école a cherché à mesurer l'ampleur de cette crise pour dès les premiers jours des congés, imaginer les solutions à déployer pour assurer le continuum pédagogique.

Comment a-t-elle été gérée vis-à-vis des élèves ?

Les élèves ont été rapidement informés des décisions pédagogiques prisent par SPEIT. Rapidement, avec grand professionnalisme et un sens aigu des responsabilités, les enseignants ont répondu positivement aux sollicitations des doyens pour proposer dès la date de rentrée des sessions de démonstration et de test des enseignements en ligne. La validation de ces modèles a permis une rentrée en ligne aussi sereine que possible et avec uniquement une semaine de retard sur le calendrier nominal.

F.T. : Les plus grandes difficultés rencontrées concernent les étudiants en échanges. Nous avons dû gérer le départ d'étudiants vers la France dans des conditions compliquées et une fois la crise déclarée en France, gérer le retour d'une partie de nos étudiants chinois présents sur le territoire français. Les différences d'appréciation des mesures sanitaires entre les deux pays, alors à des stades différents de la crise sanitaire, a généré de nombreuses incompréhensions et inquiétudes.


Quels principaux outils ont été utilisés ?

F.T. : Les outils mis à disposition sont pour une part les outils utilisés de manière classique à SJTU et SPEIT (Canvas et Moodle) mais nous avons fait massivement appel à zoom. Bien entendu les outils de communication habituels en Chine, tel WeChat, ont permis de fluidifier l’usage des autres logiciels. Selon les disciplines, les enseignant ont différemment utiliser les outils mis à disposition.

F.Ta. : Pour les cours de français langue étrangère, nous avons dès le début cherché à privilégier des outils communs à l'ensemble de l'équipe, relativement simples d'utilisation et les plus adaptés aux besoins de nos cours. Notre choix s'est donc naturellement porté sur les outils proposés par l'université, à savoir Canvas (pour la mise à disposition de documents d'auto-apprentissage et le dépôt des devoirs des étudiants) et Zoom (pour les séances en direct d'interaction et de questions/réponses avec les étudiants). A cela s'ajoutent les outils usuels de communication tels les emails et WeChat.

A.M. : Pour les cours de physique, les solutions adoptées pour l'enseignement à distance ont été pour l'essentiel les mêmes pour l'ensemble des enseignements, et cela afin de faciliter l'accès des étudiants, qui de cette manière pouvaient plus rapidement s'orienter et aller à l'essentiel, c'est-à-dire, au-delà des modalités d'apprentissage de l'outil numérique, l'apprentissage de la matière enseignée. La plate-forme Moodle a été utilisée afin de mettre à disposition des documents de format PDF et mp4. Les vidéos mises en ligne étaient des enregistrements de cours préparés par les enseignants. Ces séquences de cours étaient basées sur des diapositives écrites à cette occasion, et sur le polycopié de cours donné aux étudiants, commentés par les enseignants. Des cours en ligne en direct ont également eu lieu : le professeur expliquait le cours en se basant sur les slides ou le polycopié partagé avec les étudiants, et pouvant, le cas échéant, répondre aux questions des étudiants en direct.


Cette crise est-elle finie pour vous ?

F.T. : La crise n'est malheureusement pas terminée. Il nous faut retrouver les grands équilibres de l'Institut. Faire revenir les étudiants, les enseignants, reprendre des relations suivies avec nos différents partenaires académiques comme industriels... Il faudra du temps.

Vous préparez déjà la rentrée : quelles actions sont prévues pour l’accueil des élèves et l’organisation des enseignements ?

F.T. : Aujourd'hui il est très compliqué d'envisager une rentrée « ordinaire ». D'une part nous n'avons aucune certitude sur les réouvertures des campus sur la durée, ni en France ni en Chine, aucune idée sur la réouverture des frontières. Comment alors organiser des semestres d'échange ? Comment accueillir nos professeurs des écoles partenaires pour leurs missions d'enseignement ? Nous avons pendant cette crise pu acquérir de précieux savoirs sur la pédagogie en ligne. Il faudra sans doute renforcer cette capacité et mettre au cœur de notre activité pédagogique l'ensemble des innovations misent en lumière durant cette période. Il va sans doute falloir garder à l'esprit la nécessité de cultiver ces pratiques, soit pour remplacer soit pour compléter les outils traditionnels du pédagogue.

Quels enseignements / évolutions / perspectives tirez-vous de cette crise ?

F.T. : Cette crise a sans doute montré certaines fragilités de note système. Mais pas uniquement. Elle nous a montré notre capacité à nous mobiliser et à défendre, malgré de nombreuses difficultés, notre école et à mettre en avant les valeurs qu'elle défend.

En tant que Directeur français je tiens à féliciter et à remercier chaleureusement l'ensemble de la famille SPEIT pour ses efforts particuliers.

 

Le programme ICARE (China-EU Institute for Clean and Renewable Energy) développé en collaboration avec l'Université des Sciences et Technologies de Huazhong (HUST) est coordonné par MINES ParisTech. Il est né d’une volonté de contribuer au développement des échanges sino-européens dans les domaines liés aux énergies renouvelables.

Comment avez-vous vécu cette crise en Chine ?

L’institut ICARE, qui fait partie de HUST, est situé à Wuhan, l’épicentre primordial de la crise de la COVID-19. Les cours n’ont pas repris après les vacances de printemps et HUST n’est toujours pas accessible aux étudiants. Il y a depuis peu un timide retour des professeurs dans les laboratoires sous strict contrôle sanitaire. Le soutien est venu de la totale disponibilité de toute l’équipe sino-européenne pour gérer cette crise dans l’intérêt des étudiants.

Comment a-t-elle été géré vis-à-vis des élèves ?

A partir de la mi-avril les enseignants européens ont mis progressivement leurs cours en ligne, généralement des « PowerPoint » enrichis de commentaires écrits et vocaux, et cela va se poursuivre jusqu’en août. Les étudiants, qui sont dispersés à travers toute la Chine, plus quelques internationaux rentrés dans leur pays, travaillent seuls puis interagissent avec les enseignants pour des séances de questions/réponses. Les examens auront lieu en salle à partir du mois de septembre de façon à respecter les exigences liées au diplôme de Master français.

Quels principaux outils ont été utilisés ?

Rain Classroom qui permet soit de l’enseignement en différé soit en temps réel. Pour des raisons de qualité des liaisons internet entre la Chine et les différents pays européens présents dans ICARE, de difficultés liées au décalage horaire et au fait que les professeurs européens assurent également leurs enseignements en Europe, le différé a été utilisé. Certaines sessions de Q&A sont faites en temps réel.


Cette crise est-elle finie pour vous ?

Non, car d’une part HUST n’est pas encore accessible et d’autre part nous n’avons aucune assurance que les professeurs européens seront autorisés par leurs universités respectives à revenir en Chine en septembre 2020 pour la rentrée.

Vous préparez déjà la rentrée : quelles actions sont prévues pour l’accueil des élèves et l’organisation des enseignements ?

Les 14 et 15 mai 2020 nous organisons le recrutement de la promotion 2020. Cela se fera via vidéo-conférence pour les candidats. Il y aura quatre professeurs chinois, les deux assistantes chinoises de l’équipe européenne dans une salle de HUST et deux professeurs européens par WeChat.

Si les professeurs européens ne peuvent revenir en septembre pour la rentrée, les cours à distance seront prolongés. Les professeurs chinois devraient pouvoir assurer leurs cours en présentiel mais pour l’instant rien d’officiel côté HUST.


Quels enseignements  tirez-vous de cette crise ?

La leçon la plus importante est une leçon d’optimisme : malgré l’intensité de la crise à Wuhan et sa propagation dans les pays européens membres d’ICARE, nous avons pu sauver l’année universitaire. L’équipe sino-européenne a pu continuer à travailler ensemble à distance pour assurer les cours, la gestion de 10 élèves actuellement en France et le recrutement de la prochaine promotion, montrant qu’un lien très fort existe entre tous les gens de terrain (enseignants et administratifs) participant à cette aventure.

Les évolutions et les perspectives dépendront beaucoup de ce lien très fort existant entre les participants à ce projet emblématique de la coopération sino-européenne depuis déjà dix ans…. Mais pas seulement d’eux.

Ronan Feneux, professeur agrégé senior en chimie et coordinateur chimie à Chimie Pékin

Ronan Feneux, professeur agrégé senior en chimie et coordinateur chimie à Chimie Pékin, travaille dans cet Institut franco-chinois depuis le 1er septembre 2019.  Il nous livre son témoignage sur l’enseignement à distance.

"10 février, la nouvelle est maintenant confirmée : Chimie Pékin ne réouvrira pas ses portes la semaine prochaine et il faut organiser les premières semaines d'enseignement à distance puis finalement, la totalité du semestre de printemps. La première question qui se pose n'est pas "Comment enseigner à distance ?", ce qui en dehors des TP ne paraît pas insurmontable, mais plutôt de savoir "Comment apprendre à distance dans une langue étrangère ?".

En effet, dans notre contexte d'enseignement s'ajoute la question plus spécifique de la maîtrise de la langue française par nos étudiants chinois. Après un rapide sondage qui confirme que tous nos étudiants sont tous équipés - connectés et qu'ils disposent d'une espace de travail satisfaisant, j'opte assez vite pour la solution de proposer 2 cours de chimie "en direct" chaque semaine : cette solution permet de maintenir un contact régulier avec eux, un tempo de travail et surtout les acquis en compréhension orale développés depuis le début du cycle préparatoire. Des capsules de cours en vidéo permettent de renforcer des aspects méthodologiques précis (déterminer la valeur d'un potentiel mixte, représenter un mécanisme réactionnel par exemple).

Les premières expériences de cours « en direct » montrent que le premier challenge sera de maintenir l'attention des étudiants tout au long du cours, où l'enseignant ne dispose d'aucun des indicateurs visuels qui lui permettent habituellement de détecter si la classe décroche ou non. J'ai donc décidé de proposer des questionnaires en ligne (outil FORMS de Microsoft, fonctionnel en Chine) pour vérifier de manière instantanée la compréhension d'un concept qui vient d'être développé pendant le cours ou pour mettre en activité les étudiants à travers des applications directes du cours. Ces changements de rythme permettent à chaque étudiant de moduler régulièrement son attention et à l'enseignant de réguler son intervention en fonction des retours observés.

Et c'est là que l'enseignement à distance apportera ses premiers atouts dans nos classes qui comptent entre 50 et 80 étudiants : alors qu'en présenciel, les étudiants les plus à l'aise à la fois en chimie et en français occupent majoritairement les échanges enseignant-étudiants, en distanciel chaque étudiant acquiert la même visibilité et le même accès à l'enseignant. Pour l'enseignant, ces instantanés de la classe « en apprentissage » apportent parfois quelques désillusions mais constituent surtout un corpus de données précieux pour adapter son enseignement et proposer des activités pour renforcer des capacités dont la maîtrise reste fragile pour le plus grand nombre, sans le déphasage observé dans une séquence plus traditionnelle de cours/évaluation/remédiation.

De belles perspectives s'ouvrent pour développer de nouvelles stratégies d'enseignement pour la prochaine rentrée, en présenciel bien sûr !"

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ParisTech Chine Laura VILLETTE et Yuan Yuan SHEN

Laura Villette a pris ses fonctions à Shanghai en septembre 2019.  Plongée dans le grand bain dès son arrivée avec le recrutement des futurs élèves ingénieurs et des doctorants, elle a mis à profit la période de confinement pour resserrer les liens avec les partenaires de ParisTech en Chine et accompagner les futures recrues.

"La pandémie a bien entendu impacté notre travail : depuis fin janvier 2020, et la fermeture des campus universitaires, l’accès à notre bureau (situé au sein de l’université Tongji, à Shanghai), a été restreint : ma collègue, Yuan Yuan Shen, peut aujourd’hui s’y rendre, moyennant une autorisation à chaque déplacement, mais je ne peux pas encore le faire.

L’enseignement supérieur a été, et reste, l’un des secteurs les plus impactés par la crise. ParisTech n’y échappe pas. Nous recrutons tous les ans des étudiants chinois pour nos cycles ingénieur (recrutement coordonné, dit 9+9 en Chine), et des doctorants (ParisTech – CSC PhD program). Pour ce faire, nous organisons annuellement au printemps une mission de promotion : les directeurs des relations internationales de nos écoles viennent alors en Chine présenter les programmes de recrutement ParisTech et leurs écoles, rencontrent nos universités partenaires.

Le recrutement 9+9 était finalisé en janvier 2020 (pour des étudiants devant arriver à la rentrée 2020 en France), le recrutement des doctorants était en cours pendant le confinement en Chine. Pour les premiers, il a été important de garder un contact régulier, de s’assurer que malgré les nombreuses incertitudes sur la situation mondiale, leur motivation à partir en France n’était pas impactée, qu’ils pouvaient continuer à apprendre le français malgré la fermeture des Alliances Françaises, enfin, que leurs démarches pour obtention de bourse auprès du CSC (China Scholarship Council) restaient fluides.  Nous n’avons finalement que peu de désistements à ce jour, mais nous devons maintenant nous montrer rassurants sur la situation en France, et sur la possibilité de les y accueillir, ou à défaut de leur garantir une continuité pédagogique à la rentrée 2020. Nous y travaillons.
La campagne de recrutement de doctorants a quant à elle était relativement peu impactée, la plupart des démarches étant faites en ligne (entretien avec les encadrants, demandes de bourses CSC). Notre accord avec le CSC nous permet d’offrir 30 bourses : une quarantaine de demandes ont été déposées, confirmant l’attractivité de ce programme.
La mission de promotion du printemps 2020 a bien entendu été annulée. Nous avons donc réagi dès mars 2020 pour y remédier en mettant en place des outils vidéo en ligne avec des témoignages d’étudiants chinois en France et des vidéos de présentation de nos écoles et du diplôme d’ingénieur. Nous avons également participé aux webinaires mis en place par Campus France en Chine. Nous avons nous-mêmes organisé un webinaire le 20 mai 2020 qui a eu lieu simultanément dans les pays où ParisTech recrute (Argentine, Brésil, Chine, Colombie, Russie). La pandémie de COVID-19 nous aura permis d’accélérer la digitalisation de nos outils de communication, d’explorer de nouvelles façons de créer du lien. Nous pourrons pérenniser une partie de ces outils à l’avenir.


L’épidémie chinoise, devenue en mars une pandémie, nous a paradoxalement rapprochés de nos partenaires chinois. Dès février 2020, le bureau ParisTech Chine avait envoyé des mails de soutien aux directeurs des relations internationales des universités partenaires. Ces mails ont été suivis de lettres de soutien aux présidents de ces mêmes universités, envoyées par M. Christian Lerminiaux, président de ParisTech. Nous avons à notre tour reçu des messages de soutien venant de Chine quand la France est entrée en crise. Ces échanges nous ont permis de nouer ou renouer des liens, et parfois même d’engager des discussions sur de nouveaux accords.
Nos associations d’alumni ont elles aussi réagi, à travers des initiatives variées (soutien à la Croix-Rouge, achat de matériel médical pour la France). Bien avant les démarches du Gouvernement français, ParisTech a également lancé un fonds de soutien aux étudiants dont la situation financière a été mise à mal pendant la crise. Cela nous a permis d’aider plus d’une quinzaine d’étudiants à ce jour.


Aujourd’hui, la Chine sort lentement de la crise. Mais il est bien entendu trop tôt pour parler de sortie de crise : comment favoriser les échanges humains quand la plupart des frontières sont encore fermées, et que l’incertitude règne sur les conditions dans lesquelles nous serons à court et moyen termes ? Nos réflexions portent aujourd’hui sur ces questions."

 

Pour retrouver ParisTech China :

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Clément Robbe, professeur agrégé senior en physique à Chimie Pékin

Clément Robbe est professeur agrégé senior en physique à Chimie Pékin, institut franco-chinois piloté par Chimie ParisTech et la Beijing University of Chemical Technology (BUCT), depuis le 1er septembre 2018. Il partage son expérience pédagogique en période de confinement.

"Lorsque ma compagne et moi sommes revenus à Pékin le 19 février, la Chine était encore plongée dans la psychose du COVID-2019 Nous imaginions alors une rentrée des classes repoussée au grand maximum de quelques semaines, et nous préparions pour un retour sur nos campus respectifs début mars. Nous ne pouvions pas plus nous tromper… Nous sommes aujourd’hui le 4 mai, et entrevoyons à peine les contours flous d’une réouverture prochaine. Nous ne sommes cependant pas restés inactifs pendant ces semaines de semi-isolation, et avons pu nous lancer à plein temps dans le grand challenge de ces périodes de distanciation sociale : l’enseignement à distance. Nos étudiants, assoiffés de connaissances et las de ces vacances qui n’en finissaient plus ont pu alors se réjouir : s’ils ne pouvaient se rendre à l’université, l’université se rendrait chez eux. Ainsi, c’est en pyjama, et dans le confort de leur salon familial, qu’ils se sont délectés des merveilles pédagogiques concoctées par leurs professeurs éparpillés aux quatre coins du globe.

Parmi le vaste panel de moyens 2.0 que nous procurait le 21ème siècle pour infliger nos cours à nos étudiants dévoués, deux en particulier retinrent l’attention de mes collègues et moi-même :
- Des cours « en temps réel » à heure fixe, comme nous le ferions sur le campus,
- Des vidéos mises à disposition déposées chaque semaine sur un serveur dédié.
Cela fut ensuite la décision de chacun de choisir l’une ou l’autre de ces méthodes, voire, pour les aventuriers numériques, une intelligente combinaison des deux.

Mon choix se porta personnellement sur la réalisation de vidéos, postées tous les lundis matin, de manière à traiter un demi-chapitre par semaine, avec un appel vidéo avec l’ensemble des étudiants tous les vendredis pour répondre aux questions qui m’auraient été adressées pendant la semaine. Sur le papier, cette formule était pour moi idéale, elle permettait à des élèves dont la principale difficulté réside dans la compréhension de la langue de consulter les contenus à loisir, autant de fois qu’ils le souhaitaient, de sorte que ne subsistent en fin de semaine que les problèmes liés à la physique en elle-même, que nous dissiperions en une séance.

Cette formule avait également pour intérêt de me permettre de moduler mon emploi du temps, car avec trois colocataires (dont certains également font de l’enseignement à distance) et un chat féru de photobombing, il pouvait être particulièrement difficile de faire un appel vidéo de plus de 10 minutes sans qu’un animal apparaisse à l’écran (chat et colocataires compris) ou ne s’assoie sur mon clavier (uniquement le chat, mes colocataires sont bien dressés). En plus de ces vidéos (généralement une dizaine par semaine, pour une durée totale comprise entre 1h30 à 2h), s’ajoutaient des exercices hebdomadaires, avec un relevé de travail toutes les deux à trois semaines, de sorte à forcer (si besoin en était) les étudiants à travailler. Après un peu plus de deux mois de cette formule, l’heure des bilans a sonné.

Les premières remarques que j’effectuerai concerneront la qualité technique intrinsèque de mes vidéos. Le premier constat à effectuer est le suivant : n’est pas Stanley Kubrick qui veut, et force est de constater lors du visionnage de mes vidéos que nous sommes loin des standards hollywoodiens. L’on ne s’improvise pas réalisateur en un jour, surtout lorsque tout le matériel dont l’on dispose est un téléphone et un ordinateur. Voici, pour l’anecdote, la manière dont j’ai choisi de procéder (attention, technophobes s’abstenir) :
- Pour chaque leçon, un diaporama était préparé, puis diffusé à l’écran de mon ordinateur ;
- Une application dédiée me permettait d’utiliser mon téléphone en tant que Webcam en le connectant à ma box internet, afin d’envoyer l’image vers VLC media player ; mon téléphone alors placé sur un pupitre judicieusement reconverti pour l’occasion me permettait de filmer une feuille de papier jouant le rôle de tablea ;
- Un logiciel de capture d’écran me permettait ensuite d’enregistrer ma présentation ; l’audio étant capturé par le microphone de mes écouteurs ;
- Enfin, un logiciel d’édition vidéo me permettait d’éditer la vidéo (suppression des moments inutiles, des bruits de fond de type miaulement de chat et des moustaches apparaissant à l’écran) ;
- Enfin, ne restait plus qu’à mettre en ligne le fichier sur le serveur dédié.

Une fois le dispositif bien rodé, la réalisation d’une vidéo d’une durée de 15 minutes environ pouvait ne me prendre en tout et pour tout que 45 minutes (contre plusieurs heures au début) pour un résultat final que l’on peut juger satisfaisant, sans qu’il soit fantastique (je mets au défi quiconque de regarder d’une traite les heures de vidéos que j’ai maintenant compilées sans être étreint d’une certaine lassitude intellectuelle qui, dans les cas extrêmes, pourrait confiner à l’ennui).

Abordons maintenant la réception de ces vidéos par les élèves, et mon impression quant à la qualité de la formation ainsi fournie. Premièrement, ce mode d’enseignement peut fonctionner, j’ai pu ainsi observer chez certains élèves un réel engouement, et une volonté de travail qui force le respect. Pour les étudiants sérieux et travailleurs, ce type de travail à la maison, leur permettant d’organiser eux-mêmes leur temps, peut-être une réussite. Cependant, cela ne concerne qu’un nombre réduit d’élèves et, aujourd’hui, après plusieurs mois de vidéos hebdomadaires, même les plus sérieux commencent à se lasser. Au fil des semaines, les questions concernant les chapitres traités se sont taries, à tel point que mes séances du vendredi se résument maintenant à l’envoi d’un questionnaire portant la mention « Avez-vous des questions ? », qui se voit répondre unanimement par la négative par 53 étudiants. D’aucuns, plus optimistes que je ne le suis, attribueraient ce phénomène à des documents de cours d’une clarté exceptionnelle et à des vidéos explicatives dignes d’un « C’est pas sorcier ! » oriental. En pessimiste modéré, j’imagine davantage mes documents de cours être relégués dans un coin de l’ordinateur de mes étudiants, entre un épisode de « Game of Thrones » et une partie de « League of Legends ».

Je conclurai finalement cet article en donnant mon avis final, bien entendu totalement subjectif et personnel, sur cette expérience d’enseignement à distance. Mon impression est que, en recourant massivement à des moyens techniques que je ne maîtrisais qu’imparfaitement, mon métier est passé de celui de professeur à celui d’un médiocre « entertainer ». Dans la salle de classe, il me fallait déjà me battre contre WeChat et son invasion permanente de notifications, qui réduisait la capacité d’attention de mes étudiants à néant. Aujourd’hui, j’ai peur que les précieux mégaoctets de mon temps ne finissent dans la boîte SPAM de mes élèves.

Auparavant, comme tout professeur, je pouvais parfois tirer une intense satisfaction, quand je lisais dans le regard de ces jeunes gens un intérêt réel pour la physique, cette discipline qui me passionne. Maintenant, je poste des vidéos, comme on jette une bouteille à la mer, espérant qu’elles s’échouent quelque part sur le rivage de leur attention. Alors que nous nous échinons à inventer des moyens de pouvoir malgré tout organiser des examens, tout en évitant la triche, il semble que mon but soit davantage de justifier l’obtention d’un tampon tricolore sur un diplôme que de me soucier réellement de tous les élèves, peut-être un peu moins appliqués que les autres, que nous abandonnons au bord de la route.
Comme vous l’aurez probablement compris à la lecture de ce qui précède, je fais partie de ceux qui estiment que la transmission directe étudiant-professeur est nécessaire à un apprentissage efficace, et me montre relativement sceptique quant à l’enseignement à distance. Si celui-ci peut se montrer un atout précieux en appui d’un cours traditionnel, permettant aux élèves sérieux de briller, il ne peut pas, selon moi, constituer à lui seul une formation de qualité pour la majorité des étudiants.

Nous pouvons certes nous féliciter de la réussite ces derniers mois des élèves matures et appliqués, mais devons avant tout nous préparer à réintégrer certains étudiants qui, scolairement parlant, sont aujourd’hui dans une situation de détresse.

Heureusement, aujourd’hui, alors que la vie reprend son cours à Pékin, nous pouvons être rassurés, tout revient à la normale, et nous n’en avons plus pour longtemps."

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